La pose d’implant dentaire est une intervention souvent – et injustement – associée à la notion de douleur. Le Dr Michaël Lumbroso, chirurgien-dentiste à Versailles, vous explique comment les techniques et les méthodes de dentisterie modernes permettent de lutter efficacement contre la douleur.

 

La prise en charge de la douleur, étape par étape

Comme toute intervention chirurgicale, la pose d’implants dentaires ne s’improvise pas et repose sur plusieurs phases de diagnostic et d’examen.

 

Avant la pose d’implants

Le chirurgien-dentiste va, au cours d’une première consultation, établir ce qu’on appelle un bilan pré-implantaire, qui consiste en un diagnostic de l’état buccodentaire et une vérification de l’état de santé général du patient visant à élaborer la planification de l’intervention de manière optimale.

Cette phase est également primordiale dans le sens où elle permet au patient d’établir une relation privilégiée avec le chirurgien-dentiste avant la mise en place du traitement. En effet, elle offre l’occasion au patient de poser toutes les questions qui peuvent être sources d’angoisse pour lui, dont l’incontournable « vais-je avoir mal ? ».

Le praticien pourra lors lui dire que la pose d’un implant dentaire est très facile à supporter sur le plan de la douleur, et que d’autres interventions « classiques » telles que l’extraction d’une dent de sagesse sont plus douloureuses.

Ce dialogue permettra éventuellement au patient  d’évacuer son stress et son anxiété avant le jour de l’intervention. En outre, le praticien pourra proposer une prémédication grâce à une prescription bien adaptée en fonction de l’état de santé du patient. Cette prémédication peut associer des antalgiques (contre la douleur), des anxiolytiques (contre l’anxiété), des anti-inflammatoires, des antibiotiques et des bains de bouches par exemple. Certains médicaments doivent être pris dès la veille de l’intervention. Une prise en charge précoce de la douleur, en amont de l’intervention est une des clés, permettant de diminuer les suites post-opératoires.

 

Pendant l’intervention

La pose d’implants dentaires se déroule au bloc opératoire sous anesthésie locale, ce qui permet de maîtriser complètement la douleur au cours de l’intervention.

Grâce aux techniques modernes d’imagerie et de modélisation en 3D, la pose d’implants se fait le plus souvent sans décoller la gencive : ce sont les techniques dites « Flapless ». Pas d’incision, pas de sutures et donc des suites post-opératoires quasi nulles.

 

Après la mise en place des implants

Suite à la pose d’un ou plusieurs implants dentaires, certaines réactions peuvent se manifester :

  • La douleur : la douleur post-opératoire est variable en fonction du nombre d’implants posés au cours de l’intervention. En règle générale, la mise en place de un ou deux implants s’accompagne de douleurs faibles voire nulles. Pour les interventions plus lourdes, qui impliquent un nombre d’implants posés plus important, il faut prévoir une gêne occasionnelle pendant quelques jours suivant l’opération. Pour estomper la douleur, la prise d’un antalgique prescrit par le chirurgien-dentiste donnera d’excellents résultats. La prise d’aspirine ou de dérivés est totalement contre-indiquée.
  • Les saignements : il n’est pas rare que la mise en place d’un ou plusieurs implants dentaires provoque des saignements faibles au niveau des zones d’implantation dans la gencive. Pour estomper un saignement persistant, nous recommandons de placer une compresse sèche et stérile au niveau de l’implant et de maintenir une pression ferme pendant 30 minutes, tout en appliquant une vessie de glace sur la joue. Dans tous les cas, il faudra éviter de cracher ou de rincer la bouche pour ne pas aggraver ce saignement.

 

  • L’œdème : il s’agit d’une réaction inflammatoire qui se traduit par le gonflement de la joue. L’application d’une vessie de glace sur la joue dans les premières heures suivant l’intervention permet de réduire la tuméfaction, et aussi la douleur. En outre, il faudra éviter la chaleur qui accentue l’inflammation. Nous recommandons d’ailleurs systématiquement l’utilisation de poches de gels qui peuvent aller soit au congélateur, soit au micro-onde en fonction des besoins. Des poches de glace jetables et à usage unique sont à la disposition des patients, pour glacer dès la fin de l’intervention. Il est recommandé de glacer au moins une demi-heure par heure pendant les 5 heures qui suivent l’intervention.

 

  • Les hématomes : bien qu’impressionnante, l’apparition d’un hématome au niveau de la joue, et plus rarement au niveau du cou, ou de l’oeil est sans gravité. Il s’estompera dans les jours qui suivent l’intervention chirurgicale.

 

Si ces signes persistent pendant plusieurs jours, ou si vous souffrez de façon intense pendant plus de 48h, et ce malgré les traitements mis en place, prévenez le cabinet dentaire.

 

Les consignes post-opératoires à respecter

Outre les recommandations vues ci-dessus, il est essentiel de respecter un certain nombre de consignes post-opératoires afin d’éviter les complications et d’accélérer la cicatrisation :

  • Eviter le tabac. La consommation de tabac lors de la phase post-opératoire peut en effet multiplier par 3 les risques d’échec et freiner la cicatrisation.
  • Hygiène buccale : attendre le lendemain pour effectuer un brossage des dents. Utiliser une brosse chirurgicale souple. Eviter les bains de bouche le jour de l’intervention
  • En ce qui concerne l’alimentation, privilégier les aliments mous (œufs, pâtes purées, fromages) et éviter les aliments et les liquides chauds.
  • Eviter les activités physiques intenses.

 

En cas de problème particulier, il est recommandé de contacter le cabinet dentaire.

 

Ecrit par Dr Michaël Lumbroso,  Docteur en Chirurgie Dentaire – Mise à jour le 28 Mai 2015